L'Échange Impossible
News Story

L'Échange Impossible

3 vues

Les sirènes hurlaient dans les conduits métalliques de l'escalier de secours, transformant chaque marche en un écho assourdissant. Mes muscles brûlaient, mes poumons me suppliaient de m'arrêter, mais la terreur et l'amour maternel me propulsaient vers le bas. J'ai poussé la lourde porte métallique du sous-sol. L'air y était plus frais, presque glacial, sentant le produit désinfectant et l'ozone des serveurs informatiques. Ici, point de bureaux luxueux, mais un labyrinthe de couloirs aveugles aux portes blindées marquées de codes d'accès numériques. C'était le cœur battant de l'Institut Gauthier, le laboratoire secret où se négociaient les destins humains dans le silence le plus total. J'ai avancé à tâtons, évitant les caméras de surveillance en me plaquant contre les murs carrelés de blanc. Soudain, une porte latérale s'entrouvrit. Une silhouette en blouse blanche en sortit, tenant un dossier. C'était une infirmière. En me voyant surgir de l'ombre, elle manqua de lâcher ses papiers. Avant qu'elle ne puisse crier, je me suis jetée sur elle, lui barrant la route. — Ne dites rien, je vous en supplie, ai-je haleté, les larmes aux yeux. Où sont les nourrissons ? Où est le service pédiatrique de transit ? L'infirmière, jeune, terrifiée par l'alarme et par mon visage défait, recula contre le mur. Ses yeux oscillèrent entre la peur et une lueur de pitié. — Le secteur B... la salle des couveuses sécurisées, au bout du couloir à gauche, murmura-t-elle en tremblant. Mais vous ne pourrez pas entrer sans badge biométrique... — Merci, ai-je soufflé avant de reprendre ma course. Je n'avais pas de badge, mais j'avais la rage de désespoir. Arrivée devant la porte blindée du secteur B, j'ai frappé de toutes mes forces contre le panneau métallique. Rien ne bougeait. J'ai inspecté le boîtier de sécurité : un lecteur d'empreintes digitales et un clavier numérique. En désespoir de cause, j'ai empoigné le tuyau d'incendie mural, j'ai brisé la vitre de protection avec mon coude, et j'ai sectionné le câble d'alimentation du boîtier électronique d'un coup sec. Des étincelles jaillirent dans un grésillement électrique assourdissant. Le mécanisme de la porte, privé de courant, relâcha ses verrous avec un bruit sourd. Poussant de toutes mes forces, la porte s'entrouvrit.