L'Échange Impossible
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L'Échange Impossible

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Le trajet en taxi vers le 15ème arrondissement me parut interminable. La pluie s'était mise à tomber, balayant les boulevards parisiens de traînées grises et mélancoliques. L'Institut Gauthier se dressait devant moi sous la forme d'un bâtiment moderne, aux façades de verre fumé et d'acier noir, tranchant cruellement avec l'architecture haussmannienne environnante. Aucun signe distinctif sur la devanture, hormis un logo discret représentant une double hélice stylisée. C'était un lieu aseptisé, froid, qui semblait tout droit sorti d'un roman de science-fiction. En entrant dans le hall d'accueil, un vigile imposant m'interella poliment mais fermement. — Bonjour, madame. Cet établissement est strictement privé. Avez-vous un rendez-vous ? — Je viens pour le dossier d'Emma Martin, dis-je d'une voix assurée, jouant le tout pour le tout. Je suis mandatée pour faire le point sur sa situation médicale. Le vigile échangea un regard avec la réceptionniste derrière le comptoir en marbre blanc. Un clavier pianota quelques secondes, puis la réceptionniste me fixa avec un sourire un peu trop poli. — Ah, oui. La direction vous attend au troisième étage. Prenez l'ascenseur au fond du couloir. Le mot "ascenseur" résonna dans ma tête comme un écho obsédant, me ramenant instantanément à cette nuit maudite à l'hôpital. J'ai serré les poings, pris une grande inspiration, et me suis avancée vers les portes chromées qui s'ouvrirent dans un silence absolu. Une fois à l'étage, l'ambiance changeait radicalement. Des couloirs blancs immaculés, des portes sécurisées par des scanners rétiniens, et des blouses blanches qui s'affairaient en silence. On m'introduisit dans un bureau spacieux où m'attendait un homme d'une quarantaine d'années, costume sur mesure, le regard percutant derrière des lunettes cerclées de métal. — Madame Bernard, n'est-ce pas ? Asseyez-vous, je vous en prie. Je suis le docteur Vane. Nous vous attendions. Cette phrase me cloua sur place. Ils m'attendaient ? Comment savaient-ils que j'allais venir ? Le docteur Vane croisa les mains sur son bureau, esquissant un sourire énigmatique qui ne touchait pas ses yeux. — Vous cherchez votre fille, n'est-ce pas ? Ou devrais-je dire... la fille que vous croyez être la votre. Parlons un peu de génétique, de dettes, et des choix que l'on fait quand on se retrouve au dos au mur.