L'Échange Impossible
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L'Échange Impossible

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Nous sommes arrivées en trombe devant mon immeuble de banlieue une heure plus tard. La rue était sombre, calme, baignée par la lueur blafarde des lampadaires. Pourtant, un détail me glaça le sang : une berline noire aux vitres fumées était stationnée juste devant mon entrée. Des hommes en costume noir en sortaient, se dirigeant d'un pas décidé vers la porte de l'immeuble. — Ils y sont déjà, soufflai-je, paniquée. — Attends-moi là, ordonna Juliette en coupant le moteur. Prends Clémence. Si je ne reviens pas dans dix minutes, pars avec elle, ne te retourne pas. — Non ! On y va ensemble, dis-je en serrant Clémence contre moi tout en ouvrant la portière arrière. Je ne laisserai plus personne derrière. Nous avons couru à l'intérieur de l'immeuble, empruntant les escaliers pour éviter l'ascenseur — ce maudit ascenseur qui avait déclenché tout ce cauchemar. Arrivées au palier de mon appartement, la porte était entrouverte, fracturée. Des bruits de pas étouffés venaient de l'intérieur. En poussant doucement la porte, j'ai vu Madame Dubois ligotée sur une chaise dans le salon, un bâillon sur la bouche, les yeux terrifiés. Au centre de la pièce, le docteur Vane tenait la petite Emma dans ses bras, tandis que deux vigiles fouillaient les placards. — Regardez qui voilà, dit Vane avec un sourire carnassier en se retournant vers nous. Les mères courage. Vous pensiez vraiment pouvoir échapper à l'Institut Gauthier ? — Lâchez-la ! c'criai-je en avançant d'un pas, Clémence bien serrée contre mon cœur. Elle n'a rien à voir avec vos contrats ! — Au contraire, elle est la clé de tout, répliqua Vane en faisant signe à ses vigiles de nous bloquer la sortie. L'échange est terminé, mesdames. Vous allez nous rendre l'autre enfant, et nous effacerons cette petite fugue des registres. Juliette, bouillant de rage, fit un mouvement brusque vers l'avant, mais les vigiles l'attrapèrent par les bras, la immobilisant contre le mur. Vane s'avança, levant Emma d'une main comme un trophée. C'est à cet instant précis que la sonnette de la porte d'entrée retentit, suivie de coups de sifflet stridents et de voix autoritaires. — Police ! Ne bougez plus ! Baissez vos armes ! Ce n'étaient pas les sbires de l'Institut. C'était la véritable brigade criminelle de Paris, guidée par l'ancienne avocate de Juliette qui avait enfin réussi à déclencher une descente officielle sur la base des preuves accumulées. Vane devint instantanément pâle comme un linge. Ses vigiles lâchèrent prise, levant les mains en l'air. — C'est terminé, docteur, dis-je d'une voix ferme, les larmes aux yeux mais le cœur enfin en paix.