LE BRACELET DU DESTIN
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LE BRACELET DU DESTIN

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Le moteur de la camionnette a poussé un hurlement strident tandis que Marc rétrogradait brusquement pour négocier un virage serré sur la route sinueuse de la corniche. La berline noire nous talonnait, ses feux de route braqués sur nous pour nous aveugler. À travers la vitre arrière, j'ai aperçu la silhouette imposante d'un homme penché par la fenêtre passager, tenant un objet sombre à la main.

Pan ! Pan !

Des détonations étourdissantes ont déchiré la nuit. Les impacts de balles ont pulvérisé la vitre arrière de la camionnette, faisant pleuvoir des milliers de cristaux étincelants sur mes genoux.

— Baissez la tête ! a hurlé Marc en braquant violemment le volant pour esquiver un nouveau tir.

Je me suis aplatie contre le plancher métallique, sentant l'odeur acre de la poudre et de la gomme brûlée emplir l'habitacle. La peur n'avait plus sa place ; seule l'urgence de survivre subsistait. Si nous mourions ici, personne ne saurait jamais la vérité, et ma fille grandirait dans les griffes de ces monstres.

La camionnette dérapait sur l'asphalte détrempé par la pluie, ses pneus hurlant dans les virages en épingle qui surplombaient la mer Méditerranée déchaînée. En bas, les vagues furieuses s'écrasaient contre les rochers sombres dans un bouillonnement d'écume blanche.

Soudain, la berline noire a accéléré à fond, se portait à notre hauteur sur une portion de route légèrement plus droite. Leurs portières ont frotté contre notre flanc dans un grincement de tôle déchirée. Ils essayaient de nous envoyer dans le ravin !

— Marc, ils vont nous faire basculer ! ai-je crié par-dessus le vacarme du moteur.

— Accrochez-vous à la poignée ! a rugi le colosse.

Au moment exact où la berline donnait un coup de volant pour nous percuter de plein fouet, Marc a écrasé sec la pédale de frein. La camionnette a ralenti instantanément de manière brutale. Prise d'élan, la berline noire n'a pas pu freiner à temps : elle a encadré le muret de pierre de la corniche, pulvérisant les blocs de béton avant de basculer dans le vide, emportée par sa propre vitesse dans un tonneau effroyable.

Un silence assourdissant a suivi, seulement troublé par le crépitement du moteur fumant de notre camionnette et le bruit sourd des vagues en contrebas.

Marc a immobilisé le véhicule sur le bas-côté, le souffle court, les mains tremblant légèrement sur le volant. Il a passé une main sur son front suant avant de me regarder.

— C'était... c'était limite, a-t-il soufflé.

— Il faut continuer, ai-je dit d'une voix ferme, en redressant mon corps meurtri. L'aéroport n'est plus très loin, n'est-ce pas ?

Marc a hoché la tête, un respect nouveau brillant dans ses yeux. Il a redémarré le moteur, et nous avons repris la route, laissant derrière nous les débris fumants de nos poursuivants.