La Carte de Crédit Refusée
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La Carte de Crédit Refusée

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PARTIE 9 – La Révolte dans les Montagnes

Les gyrophares rouges et bleus des voitures de police clignotaient à travers les vitres brisées de la chapelle, illuminant les anciens murs de pierre dans une danse frénétique. Lorenzo se tourna vers l'entrée, la panique désormais clairement inscrite sur son visage. « Comment… comment est-ce possible ? Qui a appelé la police ?! » hurla-t-il à ses hommes de main.

Je souris faiblement, bien que tout mon corps tremblât. Quand Elena et moi avions quitté l'appartement la veille au soir, Elena n'avait pas seulement pleuré ; elle avait envoyé imperceptiblement un appel de détresse via sa montre connectée à un inspecteur ami à Milan en chemin, lui transmettant notre position en direct et le dossier qu'elle avait secrètement photographié. « Police !

Les mains en l'air ! Ne bougez pas ! » cria une voix forte et amplifiée par un mégaphone à l'extérieur. Les deux hommes de main de Lorenzo laissèrent immédiatement tomber leurs armes et levèrent les mains en l'air. Lorenzo essaya encore de saisir sa veste pour dégager sa propre arme, mais avant qu'il ne puisse agir, au moins quatre agents en gilets pare-balles firent irruption dans la chapelle.

Ils le jetèrent au sol et pressèrent son visage contre l'autel en pierre poussiéreux. « Les mains dans le dos ! Ne bouge pas ! » cria un agent tandis que les menottes se refermaient. L'inspecteur Rossi, un homme âgé au regard aguerri et portant un long imperméable, s'avança vers moi. Il regarda le document dans la main de Lorenzo, puis me regarda. « Tu es Emma Bellini ? » demanda-t-il.

Je hochai la tête. « Oui. C'est moi. » L'inspecteur Rossi tendit la main pour prendre le document. « C'est le témoignage original du procureur issu du procès d'il y a vingt-cinq ans. Il prouve que ton père n'a jamais été un criminel, mais qu'il avait au contraire rassemblé des preuves contre le blanchiment d'argent de la famille Moretti. Ils ont simulé sa mort pour le réduire au silence. » Je sentis une vague d'émotion m'envahir.

Tous les doutes, toute la douleur et toute la peur de ces derniers jours se fondirent en un seul soupir profond de soulagement. « Alors… il est toujours vivant ? » demandai-je d'une voix rauque. L'inspecteur Rossi me regarda un instant, sourit doucement et sortit de sa poche un petit appareil de talkie-walkie sécurisé. Il appuya sur le bouton. « Amenez-le à l'intérieur », dit-il dans l'émetteur. Les portes en bois de la chapelle s'ouvrirent à nouveau. De la brume matinale émergea un homme âgé. Ses cheveux étaient gris, son visage marqué par le temps, mais quand il leva les yeux et me regarda, je sus immédiatement avec certitude. C'était mon père.