L'été s'annonçait radieux sur la côte normande, baignant le manoir de Valmont d'une lumière dorée et éclatante. Les derniers détails des travaux intérieurs touchaient à leur fin, et la grande bibliothèque sentait bon la cire d'abeille et le vieux papier. Pourtant, un dernier écho de la tourmente judiciaire vint frapper à notre porte sous la forme d'un pli recommandé, non pas de Thomas, mais du tribunal de grande instance de Paris. Il s'agissait du jugement définitif concernant la procédure pénale engagée contre Josiane et Maître Alexandre, le notaire véreux. L'enveloppe contenait les attendus de la condamnation : Josiane avait été reconnue coupable de complicité de faux et d'escroquerie en bande organisée, écopant d'une lourde amende ainsi que de six mois de prison avec sursis, tandis que le notaire radié définitivement de l'ordre professionnel avait vu ses biens saisis pour rembourser les dépens. En lisant ces lignes dans le calme feutré de mon bureau, j'ai éprouvé une étrange sensation de détachement. La colère flamboyante qui m'avait animée le soir de mes noces s'était totalement évaporée, remplacée par une paix intérieure absolue. Le clan qui avait voulu me dépouiller de mon héritage et de mon âme gisait désormais dans les décombres de sa propre cupidité. Julien entra dans la pièce, un plateau garni de tasses de café à la main. Il remarqua l'enveloppe officielle posée sur le bureau et me regarda avec une tendre interrogation. « Des nouvelles de Paris ? » demanda-t-il en posant le plateau sur le coin de la table. J'ai hoché la tête, un léger sourire aux lèvres, et lui ai tendu le document. « La fin définitive de l'histoire, Julien. Le tribunal a confirmé toutes les condamnations. Josiane et son notaire ont épuisé tous leurs recours. C'est officiellement clos. » Julien parcourut rapidement les lignes, poussa un soupir de soulagement, puis vint s'asseoir sur l'accoudoir de mon fauteuil, en passant un bras protecteur autour de mes épaules. « C'est justice rendue, enfin », murmura-t-il en déposant un baiser discret sur le sommet de mon crâne. « Maintenant, ces gens-là appartiennent définitivement au passé. Nous n'avons plus qu'à penser à notre avenir. » J'ai posé ma main sur la sienne, savourant la douce chaleur de sa présence. Le passé n'était plus qu'une ombre lointaine, une cicatrice refermée qui rappelait simplement la force du chemin parcouru.

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