Voyant la bataille juridique perdue d'avance dans les tribunaux, Josiane a choisi de porter le combat sur le terrain de la boue médiatique. Profitant de ses relations de longue date avec un journaliste sans scrupules, rédacteur en chef d'un journal de scandales local notoire, elle a orchestré une campagne de diffamation d'une envergure redoutable. En l'espace de quarante-huit heures, les réseaux sociaux et la presse à sensation locale ont vu fleurir des articles venimeux me dépeignant comme une croqueuse de diamants manipulatrice, une épouse ingrate ayant séduit un jeune homme naïf pour s'emparer de la fortune de sa belle-famille et le jeter ensuite à la rue.
Les articles étaient truffés de mensonges éhontés, appuyés par des citations falsifiées attribuées à Thomas et à sa mère. On m'accusait de troubles psychologiques, de détournement de fonds imaginaires, et même d'avoir exercé des pressions physiques le soir de mes noces pour extorquer des signatures. La pression est devenue insoutenable. Des journalistes campaient devant les grilles de mon domaine, brandissant des caméras à chaque sortie, hurlant des questions provocatrices. Mes clients professionnels, interloqués par ce déballage nauséabond, ont commencé à prendre leurs distances, annulant des contrats en cours par peur du scandale.
Thomas, sortant de sa torpeur lâche, s'est même prêté au jeu en accordant une interview larmoyante à une chaîne de télévision locale, se faisant passer pour la victime éplorée d'une femme machiavélique. Devant la caméra, les yeux rougis par la composition théâtrale, il implorait ma pitié, jurant qu'il m'aimait encore malgré tout.
Mais Josiane avait sous-estimé ma préparation. Chaque mensonge publié, chaque diffamation télévisée était méticuleusement enregistré, archivé et analysé par un cabinet d'experts en cybercriminalité et en droit de la presse que j'avais engagé dès le lendemain de notre lune de miel. Nous savions que la bête acculée tenterait de mordre par tous les moyens.
Au lieu de réagir à chaud par des communiqués défensifs, j'ai laissé la machine infernale de Josiane s'emballer, accumulant les preuves irréfutables de diffamation publique aggravée, de faux en écriture médiatique et de manipulation de l'information. Maître Leroy m'a appelé un soir, le sourire dans la voix : "Laisse-la creuser sa propre tombe médiatique, ma chère. Plus l'accusation sera grosse, plus la condamnation sera lourde et exemplaire."
Le piège se refermait, cette fois sur leur honneur et sur leur liberté conditionnelle. Le couperet de la riposte judiciaire allait s'abattre lors d'une conférence de presse publique que j'avais décidée de tenir au cœur même du tribunal.






